Le déclic…
Comme chaque tête blonde découvrant la bande dessinée dans les années 80 et tout ce qui enrichissait le décor de la bande dessinée franco-belge à ce moment-là, les Schtroumpfs, les Tintin et les Spirou comptaient dans mes lectures de jeunesse.
Mais au début des années 90 survient l’arrivée massive du manga. Et, pour moi, une révélation de taille : des affiches d’un ‘machin’ appelé “Akira” ornaient certains abris publicitaires de Paris, ayant comme slogan : « C’est violent et c’est beau ». C’est vrai que la violence dans une bande dessinée n’a jamais été aussi joliment mise en scène. Dans le film d’animation adapté de cette même BD, il y renfermait des impolitesses que nos parents nous interdisaient de prononcer même en pensées, des mecs qui en démontaient d’autres à l’aide de marteaux et à coups de pouvoir télékinésique, le tout soutenu d’une histoire vraiment ahurissante. Avec Akira, Katsuhiro Otomo ne réalise pas l’ode à la violence mais recadre celle-ci dans son contexte jusqu’à la rendre iconographique.
Tout auteur bd rencontre à un moment de sa vie un déclic qui met en marche la machine à toute berzingue. Pour moi, ce déclencheur fut « Akira ». Vers l’âge de 15 ans, j’ai découvert « le garage hermétique » de MOEBIUS. Mais ça, c’est une autre histoire…
Laurent Bidot et Cédric Hervan ont accepté de me dire quels furent leurs déclics:
Pour répondre au thème sur le “déclic”, je parlerai ”des clics”. Dans ma jeunesse je lisais les Tuniques Bleues, puis Bob Morane (j’ai 41 ans) mais de là à faire de la bande dessinée… Plus tard comme un loisir, j’ai bien essayé mais je n’étais pas à la hauteur. J’ai laissé tomber ce rêve pour me consacrer à mon travail de graphiste. C’est vers 30 ans que l’idée a refait surface à la faveur d’événements professionnels, personnels et de rencontres décisives. Scénariser a été une grande découverte et un apprentissage libérateur.
(L’éternel, Le Linceul)
Aussi loin que je puisse me rappeler, il y a toujours eu livres et BD à la maison… Mais mes pr
emiers souvenirs sont certainement les albums que je piquais dans la chambre de mon frère plus âgé. C’était les grands classiques, Tintin, Spirou, Gaston, Astérix, les Schtroumpfs, mais entre tous, mes préférés étaient et restent Boule et Bill et Johan et Pirlouit, qui figurent être mes premières lectures tout court ! Je crois que ma passion pour la BD est née au fil de ces pages-là et s’est confirmée petit à petit, à la lecture chaque mercredi du journal Spirou. Le premier vrai déclic d’enfant…
Mais la BD offre cette joie d’avoir en permanence des « déclics », de nouvelles découvertes, un dessin encore jamais remarqué, un scénario jamais lu, et qui en quelque sorte influencent le regard sur son propre travail de dessinateur, et donnent des déclics plus « matures »…
Et de ce point de vue, la liste serait bien trop longue mais les principaux acteurs furent, Berthet vers 15 ans, pour son univers Amérique des années 40-50 et un dessin réaliste stylisé ; Juillard, un peu plus tard, lui pour son réalisme élégant, de l’historique qu’on a envie de lire ; ou encore récemment Matthieu Bonhomme et Chabouté pour leur noir et blanc dynamique qui allie classicisme et modernité ; et tout dernièrement et peut-être tardivement diront certains, l’univers de François Schuiten, un dessin raffiné et un univers incroyable…
Mais c’est certain, la combinaison de ces deux déclics, le premier pour l’envie du dessin et de la BD, et second, pour le comment et dans quelle direction me diriger, s’est mué en mon DECLIC !
(Les voyages d’Alix, le dernier des schoenfeld à paraître en 2009)
Tags: Akira, Carrefour d’auteurs, Cédric Hervan, Laurent Bidot, Photo




novembre 4th, 2008 at 8:33
greatings…
great…
novembre 11th, 2008 at 20:01
Thanks! Nice post.
janvier 3rd, 2009 at 4:32
hello…
Thank you! I would now go on this blog every day!…